Suzanne Renglet rencontre Vers l’Avenir

L’expo de Suzanne Renglet révèle la beauté des corps nus avec une simplicité inouïe. À voir jusqu’au 18/10 à l’Atelier du 2a.

Il est difficile de peindre la femme sans la trahir. Parce que la femme reste complexe tant elle paraît douce et forte en même temps, fragile, sensuelle, intime.

Dans la peinture de Suzanne Renglet, qui expose à l’Atelier du 2a, tout est ainsi raconté, la grâce et le chaos y compris. Et il n’y a pas de manière plus juste pour parler de la beauté que de parler du modèle féminin. «J’ai toujours dessiné des femmes, explique la Wanzoise. Pourquoi le nu? Parce que je trouve le corps beau, je suis fascinée par la beauté du corps féminin.» Élève à Saint-Luc à Liège, Suzanne Renglet suit le cours de croquis d’observation. Ses modèles sont donc vivants. Tout part de là. La peau mise à nu, le corps, ses rondeurs, ses défauts, le temps qui passe dessus. Rien n’est gommé, tout y est révélé avec pudeur et précision. Et sous le regard prend forme le croquis. C’est la première étape. «Le processus prend des mois. Je dessine le modèle puis je le photographie et là, à partir de la photo, je réalise le dessin très minutieusement.»

Dans les nus que peint Suzanne, il y a deux choses: l’amour et la vie. Toutes sortes de clartés aussi. Celles qui rejoignent le sombre et l’obscur pour que le modelé apparaisse. «Quand je suis satisfaite du dessin, alors je réalise le glacis en fines couches qui se superposent et donnent de la profondeur à la peinture.» À ce glacis monochrome l’artiste ajoute de la lumière avec l’apport du blanc. «À la troisième étape, je mets la couleur réelle.»

C’est peut-être un détail, mais dans la peinture de la Wanzoise, il y a une recherche de la vie, sa fragilité, l’instant capté aussi. Et la beauté de la femme y est rendue avec une simplicité inouïe. Rien n’est magnifié, tout est dit avec justesse et vérité dans un cadre qui fait abstraction des éléments de décor. Ainsi le corps apparaît-il au plus nu de son silence, intime, reposé, intense. La perspective y est juste suggérée afin que le regard se pose sur le modèle. Ce qu’on ressent dans les corps, se perçoit également sur les visages captés avec précision. L’expression y est neutre mais dans le regard, c’est l’âme de la femme qui est perçue avec justesse et douceur.

À voir jusqu’au 18 octobre, les samedis et dimanches de 15 à 18 h, rue des Esses, 2a à Huy.

Tiré de Vers l’Avenir (Huy) du 10 octobre 2020

Author: Michel Mertens

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